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Save the Queen! : la marque florentine, son histoire et comment reconnaître une pièce vintage

Née à Florence au milieu des années 1980, Save the Queen! a imposé un prêt-à-porter féminin d’imprimés dessinés à la main, de broderies et de transparences, entièrement fabriqué en Italie. Histoire, signature, pièces à chercher et repères pour reconnaître une pièce authentique.

1 novembre 2026Save the Queen!Marques italiennesGuide de marque
Save the Queen! : la marque florentine, son histoire et comment reconnaître une pièce vintage

Il y a des marques qu’on reconnaît de l’autre bout d’un portant : un tulle imprimé qui superpose motifs floraux et cachemires, une maille où se croisent trois matières, une broderie de rubans posée sur une robe longue. Save the Queen! est de celles-là. Peu connue du grand public en France, la maison florentine a pourtant habillé toute une génération de femmes qui aimaient les pièces qui ne ressemblent à rien d’autre. Chez The Vintage Digger, nous en voyons passer régulièrement, et nous les gardons toujours avec plaisir. Voici ce qu’il faut savoir sur la marque, ce qui la rend reconnaissable, et comment s’y retrouver quand on chine une pièce vintage.

Une maison familiale née à Florence

Save the Queen! est une marque de la société Marco Fantini srl. D’après la présentation de l’entreprise, celle-ci a été fondée à Florence en 1985 par l’entrepreneur Marco Fantini et son épouse Elena, présentée comme l’âme créative de la maison. FashionNetwork, dans un article de 2010, date lui aussi le lancement du label de 1985. L’entreprise est aujourd’hui installée à Campi Bisenzio, aux portes de Florence.

Étiquette de composition Save the Queen! : Made in Italy, Marco Fantini S.r.l., Firenze
Étiquette de composition d’une chemise Save the Queen! de notre stock : « Made in Italy – Marco Fantini S.r.l. – Firenze », la société florentine qui porte la marque.

Au fil de plus de trente ans d’activité, la société a créé plusieurs marques : LE GATTE, OHDD et SAVE THE QUEEN!, déclinée en lignes secondaires comme Save the Queen! Sun et Save the Queen! Moon. Sa boutique en ligne présente aussi une ligne homme, StQ MAN, et une ligne baptisée Crown. Toute la production est annoncée 100 % Made in Italy : matières premières italiennes et chaque étape de fabrication réalisée en Italie. La maison indique qu’environ 80 % de sa production part à l’export.

À Florence, la marque a ouvert en avril 2007 une boutique au Palazzo Corsi, via de’ Tornabuoni, la rue la plus élégante de la ville : un espace restauré pour retrouver ses voûtes, ses stucs et ses plafonds à caissons, pensé comme une galerie d’art. En 2010, FashionNetwork mentionnait une boutique parisienne boulevard Saint-Germain, ainsi que des adresses à Rome, Florence, Forte dei Marmi et Dubaï, en plus d’une large distribution chez les multimarques.

La signature Save the Queen! : « Art to Wear »

La maison résume elle-même sa démarche en trois mots : « Art to Wear », l’art à porter. Concrètement, cela se traduit par quelques constantes que l’on retrouve d’une collection à l’autre.

  • Des imprimés dessinés à la main. Chaque collection repose sur des motifs exclusifs. La marque précise que ses tissus sont imprimés dans la région de Côme, haut lieu de l’impression textile italienne, en quinze couleurs et en panneaux placés : le motif est composé pour le vêtement, pas simplement coupé dans un métrage.
  • Des broderies faites main. L’entreprise indique broder à la main sur des machines Cornely, avec à peu près tous les fils possibles : laines, chenilles, raphia, rubans de satin ou de velours, et parfois de petits ornements posés à la main.
  • Le mélange des matières et des motifs. Fleurs, cachemires, chevrons, motifs ethniques, pois, paillettes : la marque n’a jamais eu peur d’en mettre plusieurs sur la même pièce.
  • Les transparences. Tulle, résille, maille fine : en 2010, FashionNetwork décrivait l’esprit de la griffe comme audacieux et féminin, avec des jeux de transparences et d’effets de matière.

Le résultat oscille entre le romantique et l’excentrique. Sur les pièces que nous voyons passer, on lit volontiers une veine bohème (robes longues, broderies, rubans) et une veine plus rock (résilles, superpositions, coupes asymétriques). Ce n’est pas une étiquette officielle de la maison, mais c’est souvent ce qui séduit nos clientes.

Les pièces à chercher

Les robes et tops en tulle ou en résille imprimés

Ce sont les pièces les plus recherchées sur le marché de la seconde main. Tulle stretch imprimé, souvent doublé ou à superposer, longueur midi ou maxi : elles sont fréquemment vendues comme « Y2K » par les revendeurs, c’est-à-dire rattachées au début des années 2000. Elles se portent seules l’été ou par-dessus un caraco noir.

Les robes longues brodées

Robes d’été multicolores, rehaussées de broderies, de perles ou de rubans : c’est le versant le plus bohème de la marque, et celui où le travail à la main se voit le mieux.

La maille

Pulls, gilets et tops en maille mélangée, assemblés en panneaux de couleurs et de motifs contrastés, parfois asymétriques. Ces pièces vieillissent très bien et se portent avec un simple jean.

Le homewear Save the Queen! Moon

Selon FashionNetwork, la ligne Moon a été la première collection de homewear de la marque, arrivée en boutiques en 2010 : nuisettes, bodys, caracos, pyjamas et déshabillés jouant sur les transparences. On les croise plus rarement, et certaines se portent très bien en dehors de la maison.

Reconnaître une pièce authentique et la situer dans le temps

Disons-le franchement : il n’existe pas, à notre connaissance, de guide officiel des étiquettes Save the Queen! qui permettrait de dater une pièce à l’année près. Voici les repères que nous utilisons, en vous les donnant pour ce qu’ils sont.

Étiquette Save the Queen! fuchsia avec le Q couronné, made in Italy
L’étiquette de marque de la même chemise : le « Q » couronné et la mention « made in Italy ». Nous la situons entre 2000 et 2015, d’après le style plus que d’après l’étiquette.
  • Le nom exact. La marque s’écrit avec un point d’exclamation : Save the Queen!. Une étiquette « God Save the Queen » renvoie à tout autre chose (voir la FAQ).
  • La fabrication italienne. La maison revendique une production entièrement italienne : une pièce présentée comme Save the Queen! fabriquée ailleurs mérite une vraie vérification.
  • La ligne indiquée. Les mentions Sun, Moon, StQ MAN ou les autres marques de la société (Le Gatte, OHDD) vous disent à quelle famille appartient la pièce. Moon, par exemple, désigne le homewear, apparu en 2010 d’après la presse spécialisée.
  • La devise « Art to Wear ». Employée par la maison pour décrire ses collections, elle apparaît dans de nombreuses annonces de revente associée à la marque.
  • La qualité d’exécution. Un imprimé placé net, des broderies régulières, des rubans bien fixés, des finitions intérieures propres : c’est ce qui distingue une pièce de la maison d’une imitation inspirée de son style.

Pour situer une pièce dans le temps, c’est surtout le style qui parle : les tulles imprimés, les superpositions et les coupes asymétriques sont généralement rattachés par le marché de la seconde main aux années 2000. Nous préférons parler de « fin des années 1990 – années 2000 » plutôt que d’annoncer une année précise que rien ne permet de prouver. Et gardez en tête que la marque existe toujours : une pièce récente peut très bien ressembler à une pièce ancienne.

Entretien

Les pièces Save the Queen! mêlent souvent plusieurs matières sur un même vêtement, avec des ornements cousus. Suivez toujours l’étiquette d’entretien de la pièce. À défaut, nous conseillons le lavage à la main à l’eau froide ou le nettoyage à sec pour tout ce qui est brodé, perlé ou orné de rubans, un séchage à plat, et un repassage à basse température sur l’envers, jamais directement sur une broderie ou une paillette. Les tulles et résilles se rangent pliés plutôt que sur cintre, pour qu’ils ne se déforment pas.

FAQ

Save the Queen!, c’est une marque anglaise ?

Non. Malgré son nom, Save the Queen! est une marque italienne, née à Florence en 1985 au sein de la société Marco Fantini srl, et fabriquée en Italie.

Quel rapport avec Alexander McQueen ou les Sex Pistols ?

Aucun. Le titre « God Save the Queen » des Sex Pistols (1977) et la collection automne-hiver 2008 d’Alexander McQueen, souvent appelée de la même façon, n’ont rien à voir avec la maison florentine. C’est une confusion fréquente dans les recherches et les annonces : vérifiez le nom exact sur l’étiquette.

Comment taille une pièce Save the Queen! ?

Les tailles sont généralement indiquées à l’italienne ou en lettres. Beaucoup de pièces en tulle ou en maille sont stretch et pardonnent un peu, mais les coupes varient beaucoup d’une pièce à l’autre : fiez-vous aux mesures à plat plutôt qu’à la taille écrite.

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